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Le zéro est vérité – Daniele
Un, le fier, l’impair impérieux, menant la ronde
Deux, coquettement féminin, la place d’Eve,
La promesse du paradis et d’un beau rêve ?
Trois, la triade du rêve réalisé,
Aussi douce et chaude que tous les alizés,
Née de l’étreinte des deux, idéalisée ?
Quatre, serait-ce l’équilibre reconquis
Ou la quadrature du cercle familial,
De la parité le signe avéré, requis
Pour garder l’harmonie du foyer conjugal ?
Cinq, comme les doigts de la main, tous solidaires
Et luttant ensemble pour un futur prospère ?
Ou bien pareils aux continents sans cesse en guerre,
Ne montrant pas de pitié pour leurs adversaires,
Eloignés depuis très longtemps de la loyale ?
Six, comme de la douce France les frontières,
Vêtues de mers, de monts, de plaines et de rivières,
Le terreau où naissent les hommes en colère
Des Flandres aux Pyrénées, du Rhin au Finistère,
Ou bien celui où parfois fleurit l’arrogance,
Des petits, vile compagne de la puissance ?
Sept, nombre mythique et si riche auquel on prête
L’invention du repos et de la terre ronde,
Les sacrements et les péchés de la planète,
Les portes de Thèbes et les merveilles du monde,
Et de la belle harmonie les notes parfaites,
Vaches grasses, vaches maigres, sceaux ou sages,
Qui se lie sans vergogne à toutes les images.
« Huit et huit font seize, répétez dit le maître »,
A l’étourneau qui s’envole par la fenêtre,
Dans les huit directions de la rose des vents,
Tandis que son père, un ouvrier à la chaîne,
A faire les trois-huit durement se démène
Pour gagner leur pitance laborieusement,
Avant qu’on le renvoie sans tambour ni trompette
Avec ses huit jours, dans la rue, faire la quête.
Neuf, on croit encore à une belle promesse,
Le tablier de la rentrée et la robe blanche de la messe,
Le temps à passer à l’ombre pour voir le jour
Le palais des muses pour y vivre l’amour.
C’est là méconnaître sa valeur restrictive :
Neuf chances sur dix et celle dont on nous prive,
La tromperie des neuf dans les prix affichés,
Et les neuf queues du chat de votre sang tachées,
Je dis, moi, que le zéro seul est vérité.